LES EPICERIES SOCIALES

LES EPICERIES SOCIALES, OASIS OU MIRAGE ?

 

8.200.000 personnes, en France, vivent sous le seuil de pauvreté et sont contraintes de restreindre leur budget alimentaire pour pourvoir faire face à toutes les dépenses incompressibles ou soi-disant incompressibles, suggérées voire imposées par la ‘’société de consommation’’. (chiffres de 2009 = 13.5 % de la population, soit une augmentation de 0.5 % par rapport à 2008)

Depuis très longtemps, des organismes d’aide alimentaire ont vu le jour un peu partout, parfois, et même souvent, anarchiquement.

Le concept d’aide alimentaire commence à s’organiser dans les années 1980. Création des Banques Alimentaires en 1984, des Restos du Cœur en 1985. La Croix Rouge Française et le Secours Populaire étant également parties prenantes. Ces 4 organismes sont maintenant les plus représentatifs de l’aide alimentaire. Ils reçoivent à ce titre des marchandises de l’Europe à travers le Plan Européen d’Aide aux plus Démunis. (PEAD) et de l’Etat français au travers du PNAA (Plan National d’Aide Alimentaire) uniquement sous forme de marchandises consommables. Au niveau des Banques Alimentaires, les denrées proviennent donc du PEAD, du PNAA, d’une collecte nationale annuelle devant les grandes surfaces (le dernier week-end de novembre), et des récupérations des marchandises retirées des rayons dans les hyper et supermarchés avant la date de péremption et dans tout le secteur agro-alimentaire, y compris chez les agriculteurs.

Jusque récemment, la distribution était réalisée par de nombreuses associations.Depuis quelques années, la tendance est à l’ouverture d’épiceries sociales, en essayant de regrouper les différents intervenants. Le plus souvent elles sont parrainées, voire créées sous l’égide des CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) dans les villes. Les municipalités mettent des locaux à leur disposition, dans lesquels sont aménagés des rayonnages, comme dans une épicerie ou une superette, de manière à présenter les produits disponibles.

Préparation de l'ouverture Chaîne d'OraisonPréparation de l'ouverture Chaîne d'Oraison   

 

Ces produits sont, dans la plupart des cas fournis par les Banques Alimentaires. Ceci moyennant une participation financière de l’épicerie sociale à ses frais de gestion  - locaux, camions,chambres froides - (de l’ordre de 10 à 20 cts par kilo.)

Disposés dans les rayons, ils sont vendus à très bas prix (en principe 10% du prix des grandes surfaces) 

L’ANDES (Association Nationale de Développement des Epiceries Solidaires) fournit également certaines épiceries sociales en leur ouvrant des droits d’achat dans certaines grandes surfaces, où elles peuvent se fournir.

QUI SONT LES  ‘’CLIENTS’’ DES EPICERIES SOCIALES

 Ce sont des personnes en difficulté, qui répondent à des critères de revenus. C’est plus précisément le ‘’reste à vivre’’ (ce qui reste pour vivre après paiement des loyer, eau, gaz etc…) en fonction du nombre de personnes composant la famille, qui est pris en considération.

Une épicerie sociale (Gap 05)Une épicerie sociale (Gap 05)

COMMENT CA MARCHE  ?

Contrairement à certaines idées reçues, ces personnes doivent d’abord prendre contact avec les travailleurs sociaux (assistantes sociales notamment). Ces derniers montent un dossier de demande d’aide alimentaire, avec production de justificatifs de revenus, de dettes, de dépenses exceptionnelles, et de crédits en cours. 

Le dossier est présenté à une commission dite commission de pilotage comprenant principalement les travailleurs sociaux, les responsable des épiceries sociales, de la CAF, de la Banque Alimentaire, du CCAS.

Elle se réunit en principe une fois par mois pour statuer sur l’accord d‘une aide sous forme d’aliments, et pour une durée déterminée, en général 3 à 6 mois éventuellement renouvelable après réexamen du dossier en fonction de l’évolution de la situation. C’est le ‘’reste à vivre’’ qui détermine la qualité d’ayant-droit : le calcul est le suivant : revenus globaux, moins dépenses fixes, divisé par le nombre de jours du mois. Le résultat est comparé à un barème en fonction du nombre de personnes composant la famille.   Par exemple, ce seuil est de 19 € pour une personne seule avec deux enfants. (c’est ce qu’il reste pour faire vivre la famille chaque jour ! – manger, s’habiller, scolarité, tous les frais de la vie courante...) 

Une carte d’accès à l’épicerie sociale est délivrée pour un certain montant et émargée à chaque passage, en principe hebdomadaire.

QUI SONT ‘’LES EPICIERES’’ ?

 Ce sont des bénévoles qui reçoivent les ‘’clients’’ et assurent la permanence et la distribution des marchandises à des heures fixées. En principe les clients sont reçus sur rendez-vous, par mesure de discrétion et d’organisation.  

LE VOLET  SOCIAL 

Au-delà de cette aide alimentaire purement matérielle, les bénévoles des épiceries sociales ont à cœur de recevoir dignement ces personnes en difficulté, en leur offrant une écoute, un environnement le plus convivial possible, un café, et donc un accompagnement social pour apporter un peu de chaleur à la relationElles expliquent aussi comment cuisiner ou améliorer certaines denrées ou conserves, en donnant des recettes. Un ‘’coin accueil’’ est aménagé dans les locaux.

Par ailleurs, le fait de payer les achats, même à un prix très modique, fait que les personnes sont valorisées et sortent de l’assistanat pur et simple.

Certes les marchandises proposées ne sont pas aussi diversifiées que dans un Hyper, mais c’est malgré tout la possibilité de faire un choix et donc de valoriser l’action d’acheter. On ne subit plus autant. On a ici une autre approche, ne plus être obligé d’accepter ‘’ce qu’on nous donne’’.

Le "coin accueil" d'une épicerie socialeLe "coin accueil" d'une épicerie sociale

Ce volet social, relationnel, permet aussi de déceler des besoins particuliers : du fait de la fréquentation par des personnes ayant peu de moyens, les besoins sont grands dans tous les domaines. Il n’est pas rare qu’AMIS SANS FRONTIERES soit sollicitée pour ses layettes, ses pulls et autres bonnets, écharpes, couvertures. C’est un réseau de distribution de nos travaux qu’il ne faut pas négliger. J’encourage les déléguées ou les présidentes à rendre visite à ces structures pour leur proposer notre aide.

 

L’EPICERIE SOLIDAIRE

Une autre forme d’épicerie existe : L’épicerie solidaire.

Tout le monde peut venir y acheter, mais au vu d’un dossier (revenus notamment) le prix est fonction des moyens de chacun. Les plus riches aident ainsi les plus pauvres. Et ça marche ! 

Dans un autre modèle d’épicerie, le paiement peut se faire sous forme de travaux. C’est un troc : j’achète de l’huile ou des légumes et je propose mon savoir-faire en informatique, en repassage, en heures de ménage etc…. 

Et là aussi ça marche !

‘’L’ESSOR ‘’ DES EPICERIES SOCIALES

Les Restos du Cœur avaient été créés pour un an ou deux, et 27 ans après……. 

Il en va de même des épiceries sociales : voilà des ‘’boutiques’’ qui ne risquent pas de fermer faute de clients. C’est du moins ce qu’on peut imaginer lorsqu’on pense aux années plutôt difficiles qui nous attendent… et qu’on nous promet !

La Banque Alimentaire des Alpes du Sud a constaté en 2011 une augmentation de ses distributions de 13 %      Il faut s’attendre à +20 % en 2012 !

Il est à espérer que la solidarité qui est, croyez-moi, une réalité dans notre pays, ne faiblisse pas et que les plus nantis continuent à l’exercer, il en va de la survie de certains d’entre nous…d’entre nous, oui ! car nul n’est à l’abri, la chute est parfois très brutale et si rapide, sans qu’on s’y attende.